14.Aperçus

Aperçus sur les trois pièces :

Captain Martin :

L’intrigue de cette pièce (que j’ai finalement écrite en anglais après avoir déjà vécu des années en Australie) est tirée d’une aventure réelle qui m’a obsèdé toute ma vie. Ce regrettable incident (?) est ce que les Français appellent, en argot militaire, «une corvée de bois». Évidemment vous ne la trouverez pas dans le dictionnaire puisqu’elle veut dire «le camouflage d’une exécution sommaire en une fusillade d’un prisonnier qui tentait de s’échapper». C’est tout à l’honneur de la version française de Wikipedia d’avoir un article sur la «corvée de bois». Bon, en Algérie, quand mon tour est venu d’organiser une de ces honteuses affaires j’avais cru pouvoir éviter de me salir les mains en demandant des volontaires pour le faire à ma place.

Ce qui m’a marqué à tout jamais c’est le nombre des volontaires ! Ce qui m’a époustouflé encore plus c’est que beaucoup étaient des catholiques fervents qui, je le croyais naïvement, n’auraient pas pu faire de mal à une mouche. Cela ne m’a pas fait devenir immédiatement un pacifiste. J’ai fait partie encore deux ans de la guerre d’Algérie, dont une année dans un Commando de Chasse.

En revanche je crois que c’est depuis cet afflux de volontaires pour la «corvée de bois» que j’ai commencé à tout remettre en question sur la paix et la guerre. Ensuite, deux ans après la fin de la guerre d’Algérie, je suis parti pour l’Australie en 1964 à une époque où les australiens se faisaient de plus en plus aspirer par les américains dans leur «Vietnam War», une autre aventure sans espoir ! Cependant, comme j’avais déjà bien trop à faire (décrocher une Licence australienne et l’équivalent australien du CAPES, tout en enseignant à plein temps), il fallait bien que je laisse tomber la politique, le pacifisme et la guerre ! Tout ce que je pouvais faire était d’aller en catimini aux défilés anti-vietnam, quand ils étaient un jour férié, car j’enseignais dans une école où j’aurais pu perdre mon travail.

J’ai commencé à écrire «Captain Martin» dans les années 80 et le copyright de la copie que vous téléchargerez dans ce blog est de 1985. Évidemment les noms ont été changés mais le cadre et l’atmosphère claustrophobe de cette guerre sans espoir sont aussi proches que possible de l’affreuse réalité. Je tiens à remercier Jill et Harry Redner pour toute l’aide qu’ils m’ont donnée. Jill avait fait des recherches sur la violence sur la scène (Shakespeare etc) pour une thèse à l’Université de Melbourne et ses conseils et encouragement m’ont été précieux. Harry était maître de conférence à l’Université Monash et il a été mon «Tutor» pour une des Valeurs de Sciences Politiques de ma Licence de Lettres australienne.

Qui aurait jamais pu croire en 1985 qu’un quart de siècle plus tard les États-Unis et l’Australie se retrouveraient embourbés dans une autre guerre sans espoir en Afghanistan ? Pour télécharger la pièce utilisez le menu déroulant «Captain Martin».

Morts pour Quoi?  :

Cette pièce a été écrite en 2002, des années après «Captain Martin» et, en plus, après un autre demi-échec (voir ci-dessous) qui m’a redonné l’envie d’écrire pour la scène.

Après mon échec de faire jouer “Captain Martin”, je m’étais débarrassé de mes ambitions de dramaturge lorsque, en 1985, un ami de mon beau-fils Jonathan, qui s’appellait David Marshall (1954-1994), m’a proposé d’écrire avec lui une pièce sur les Australiens qui étaient les perdants de la mondialisation sous l’hégémonie de l’Amérique. David, dont le travail pour une chaîne de télévision australienne était abrutissant, nous fournirait son expérience professionnelle pour retenir l’attention des spectateurs; en échange il me demandait de créer le contenu humain de l’intrigue pour notre monde nouveau, jeté dans la confusion par la folie de cette mondialisation sous l’hégémonie américaine. Son idée m’emballait d’autant plus que, tous les deux, nous étions convaincus que la mondialisation était inévitable mais que sa mise en jeu sous l’hégémonie américaine en faisait un fléau. Nous nous sommes immédiatement mis au travail.

Nos journées de travail étaient déjà très longues mais nous pouvions passer plus de la moitié de la nuit à écrire la pièce. David était célibataire et j’étais seul comme ma femme était en Chine puis en Europe pour son congé de longue durée. Nous étions donc seuls dans la maison et nous pouvions faire autant de tapage (musique classique à plein volume, etc…) que nous le désirions. Nous avions appelé notre pièce : «Jobs for All» [Du travail pour tout le monde] (*), et nous en avons eu une représentation en atelier en 1985. La piècce a été bien reçue mais l’opinion des membres de l’atelier était qu’elle serait plus facile à commercialiser si nous écrivions un deuxième acte. Nous n’avons pas trouvé le temps de faire cela avant la mort de David.

(*) Comme, après sa mort, j’ai perdu contact avec son héritière, sa sœur Elizabeth Marshall (la co-propriétaire actuelle du copyright), il ne m’est malheureusement pas possible d’offrir le téléchargement gratuit de «Jobs for All» sur ce blog.

Donc, après la mort de David et ayant repris l’envie d’écrire pour le théâtre, j’ai pensé à la pièce «Morts pour Quoi?». Comme je l’écrivais seul j’ai choisi de le faire en français. Le plus important était que, pendant que le pacifisme s’était crystallisé en moi au cours du temps, j’avais tiré deux autres conclusions sur les affaires humaines.

La première était que le principal obstacle au développement du pacifisme n’était autre que l’Histoire qu’on nous apprend à l’école (en France encore plus que dans les pays de langue anglaise) et qui nous inculque par lavage de cerveau de vieux clichés comme par exemple «l’influence civilisatrice de l’Empire Romain» [la Scandinavie serait-elle moins civilisée que nous pour n’en avoir pas fait partie?], une «guerre juste» [la seule guerre qui puisse être justifiée est de repousser une invasion. Donc, en ce moment, que faisons-nous en Afghanistan?], «la moralité dans les relations internationales» [qui, évidemment, se trouve être celle du vainqueur], la «mission civilisatrice des puissances coloniales» [cette expression est tellement tombée en ridicule que, fort heureusement, on ne l’entend plus guère!]. Assez d’exemples comme cela.

La seconde idée qui m’était venue en réfléchissant si longtemps sur le pacifisme c’était de reformuler le truisme anglais que «le pouvoir corrompt». Les Anglais (en particulier Lord ACTON dans sa fameuse citation «Power corrupts, absolute power corrupts absolutely» [le pouvoir corrompt, l’absolutisme corrompt totalement]), appliquent ce truisme à l’absolutisme royal [français ou espagnol]. En transférant cette notion dans le domaine du pacifisme, j’ai vite compris que, contrairement à ce qu’on nous apprend à l’école, c’est en fait la classe dirigeante (celle qui se croit mieux capable de comprendre que les gens du peuple) qui se refuse le plus à comprendre que la guerre est toujours une bêtise. Il est évident que ce sont les gouvernements, pas le peuple, qui commencent les guerres (Clausewitz lui-même le considérait comme évident). C’est probablement pour cette raison aussi que la classe dirigeante (qui choisit le programme des écoles) continue à nous faire tellement admirer les maréchaux victorieux et les politicards revenchards au lieu d’apprendre aux élèves bien davantage de détails sur les désastres de la guerre. À ce propos, le cas où les gens du peuple se battent le plus férocement est quand leur pays a été envahi; si les États-Unis pensaient à cela, il est probable qu’ils quitteraient l’Afghanistan avant de s’en faire expulser comme cela a déjà été la cas au Vietnam.

C’est pour ces deux raisons que j’ai traité «Morts pour Quoi?» comme une bouffonnerie sur la vie en retraite, bien protégée, d’une poignée des représantants de la classe dirigeante de la France que je ne prends guère au sérieux.

Allez à la page «Morts pour Quoi?» pour télécharger la pièce.

«Mélanges»

Cette pièce est un prolongement de «Morts pour Quoi?» car je crois que les religions ont inventé la plus cruelle de toutes les guerres, la guerre de religion. De plus dans toute guerre la religion est souvent le bénéficiaire principal, et sournois, de la destruction et de la misère. Ou bien ces religions font croire au peuple que Dieu est du côté des vainqueurs. Ou bien, au contraire, si le pays a perdu la guerre, elles disent aux gens du peuple que la défaite est dûe à n’avoir assez obéi à Dieu et qu’il faut qu’ils deviennent encore plus religieux qu’avant.

Bien avant de devenir pacifiste, en fait très tôt dans ma vie en France, maintes fois, j’étais déjà athée. Donc, après avoir émigré en Australie, j’étais dans la situation captivante d’être à la fois un athée endurci et un prof d’école catholique. La combinaison de ma double-nationalité et de ma double-vie (athée +prof-catho) a beaucoup amplifié mon aptitude à tout juger «de l’extérieur». Je crois que cette aptitude a été la plus heureuse avancée de ma vie. Je l’ai expliquée dans une autre œuvre (*) et je crois que d’être capable de vous détacher de la culture/religion/etc… de votre naissance améliore beaucoup vos chances de tout analyser avec plus de réalisme.

Bref, ce que j’ai désiré le plus d’écrire est une œuvre qui démasque la plus grande fraude de tous les temps, la religion, qui est également le seul fléau humain auto-infligé. Je sais bien, évidemment, que l’apparition de la religion a été une des étapes de l’évolution humaine. Pas de problème. En revanche, tout comme l’astrologie est devenue seulement une superstition quand les avances scientifiques ont créé l’Astronomie, pourquoi la religion (cette autre superstition) n’a-t-elle pas été démontée de son piédestal par la Science ? Pourquoi tant d’être humains (une majorité?), y-compris aux États-Unis et peut-être même en France et en Australie, laissent-ils encore la religion s’arroger le droit de décréter ce que sont «le bien» et «le mal» ?

C’est cette question qui m’intéresse mais je ne savais pas comment l’empoigner avant d’avoir fini d’écrire «Morts pour Quoi?». Pourquoi ne pas réutiliser le même groupe d’êtres pompeux et suffisants (la classe dirigeante?) pour écrire une seconde bouffonnerie sur comment-et-pourquoi la religion est encore si populaire. C’est fait, tant mieux ! Naturellement je n’ai pas été surpris de ne pas pouvoir trouver un metteur en scène pour «Mélanges» ! Maintenant (en 2012) j’aimerais que le théâtre de la rébellion ait plus de chance que moi. Allez à la page «Mélanges» pour télécharger la pièce.

(*) Dans «Vingt Estompes» ©2013, un roman sur lequel je travaille encore et que je n’ai pas l’intention de laisser télécharger gratuitement.

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